L'ÉCOLE DE LA GUERRE

Alerte sur les dispositifs de militarisation de l’école !

Les lycéen·nes qui bloquaient leurs lycées ces derniers mois à Marseille ne sont pas mobilisé·es que contre les baisses de moyens, mais surtout contre un budget qui préfère la défense à l’éducation.

Des priorités ministérielles

Devant leurs établissements, comme dans leurs slogans lors des manifestations, iels ont bien raison de dénoncer la marche à la guerre dont iels sont les premières cibles, et les futures victimes. Car si les choix budgétaires et les dernières annonces confirment les intentions du gouvernement : achat d’un nouveau porte-avion et rallonge de 8,5 milliards pour le budget de la défense, les dispositifs et les derniers documents adressés à la communauté éducative font tout aussi froid dans le dos. Entre le guide « acculturer la jeunesse à la défense », qui souhaite imposer une culture de la guerre, la lettre « d’information d’éducation à la défense », à destination de tou·tes les enseignant·es, et les « classes défense », l’éducation nationale semble se transformer en canal privilégié de la défense pour fournir les futurs contingents de l’armée.

En effet, si les « classes défense » concernaient 3 700 élèves en 2016 elles rassemblent aujourd’hui 32 000 collégien·nes et lycéen·nes. L’objectif est même « d’en doubler le nombre » annonce le ministère.  Leur objectif ? Renforcer le « lien armée-jeunesse » et permettre, entre autres, des « réflexions » ayant « pour but de déboucher sur la question de l’engagement ». Ces classes visent officiellement et prioritairement les élèves de REP/REP+ et des zones rurales isolées. Le projet est donc très clair : préparer les jeunes, surtout celles et ceux issu·es des milieux populaires et de la classe ouvrière, à aller un jour faire la guerre.

D’ailleurs, certain·es ne cachent pas les ambitions de ces dispositifs. A Aubagne, en 2024, la principale du collège Lou Garlaban déclarait au sujet de sa classe défense avec la légion étrangère, vouloir mettre en avant les valeurs de l’armée telles que « le courage, la détermination et le respect de la parole donnée, accomplis jusqu’au sacrifice suprême de donner son sang pour la nation ». C’est dit : les jeunes sont de la chair à canon !

L’armée partout, et à tout âge

Dans le Var, selon Libération, on a proposé aux enseignant·es de faire venir les militaires jusque dans les conseils de classe ! Et dans nombres de collèges et de lycées on organise de grandes opérations de présentation de l’armée. En discutant entre personnels de l’éducation nationale, on remarque bien qu’il y a de moins en moins d’établissements épargnés par ce genre de cérémonies. Parfois ce seraient même directement des chef·fes d’établissement ou des inspecteur·ices, qui demanderaient explicitement aux collègues de former des « classes défense ».

Pire encore, à l’automne dernier, Libération révélait la mise en place d’un partenariat entre la marine nationale et une école élémentaire en Gironde. D’ailleurs des fascicules intitulés « ma première cérémonie militaire » ont été distribués dans des écoles. Leur premier soutien ? Le fond du bien commun de Stérin, le milliardaire promoteur, militant et financeur de l’extrême droite. Mais aussi MBDA, ou ARQUUS, fabricants de missiles et de blindés. Safran ou Dassault, eux, financent aussi des livrets illustrés, mais pour des collégien·nes…

Alors, face à cette volonté affichée de faire des jeunes d’aujourd’hui la chair à canon de demain, la CGT éduc’ soutient et se joint à la jeunesse dans son combat contre la marche à la guerre. Avec nos collègues syndiqué·es ou non, il faut discuter, s’organiser et refuser les « classes défense » et les dispositifs qui voudraient envoyer nos élèves se sacrifier dans des guerres qui ne sont pas les leurs.

Car ces conflits ne sont portés qu’en faveur d’un grand patronat qui veut garantir, protéger ou étendre ses intérêts économiques sur tout ou partie de la planète.

« La guerre, c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas » disait très justement Paul Valery. Alors, aux programmes guerriers, préférons la littérature, la philosophie et la poésie !