Grève aed du 2 juin 2026
des personnels déterminés, une institution sourde
Communiqué CGT Educ'action
grève AED du 2 juin 2026
Le mardi 2 juin 2026, près d’un quart des Assistants d’Éducation étaient en grève sur l’ensemble du territoire, à l’appel d’une intersyndicale nationale unitaire de huit organisations syndicales. Dans l’académie d’Aix-Marseille, nous avons une nouvelle fois fait le constat que beaucoup de vies scolaires étaient perturbées, voire complètement fermées. Un rassemblement s’est tenu devant le rectorat d’Aix-en-Provence. Un autre rassemblement, plus fourni, a eu lieu à Avignon.
Une délégation intersyndicale (CGT Éduc’action, SNES-FSU, SUD Éducation, SNFOLC) a été reçue par l’administration académique. Ce qu’elle a entendu a confirmé ce que les AED vivent au quotidien : une institution méprisante et qui nie la réalité du terrain.
Il est nécessaire de renforcer le rapport de force pour amener le rectorat à réviser son jugement.
Une profession déterminée mais un ministère qui reste sourd et un rectorat toujours plus méprisant
Le mardi 2 juin 2026, près d’un quart des Assistants d’Éducation étaient en grève sur l’ensemble du territoire, à l’appel d’une intersyndicale nationale unitaire de huit organisations. Dans les Bouches-du-Rhône, un rassemblement s’est tenu devant le rectorat d’Aix-en-Provence. Une délégation intersyndicale (CGT Éduc’action, SNES-FSU, SUD Éducation, SNFOLC) a été reçue par l’administration académique. Ce qu’elle a entendu a confirmé ce que les AED vivent au quotidien : une institution méprisante et qui nie la réalité du terrain.
Compte-rendu de l’audience intersyndicale au Rectorat :
Constat de départ fait par les syndicats : Les AED sont indispensables au bon fonctionnement des établissements scolaires, à un climat scolaire serein essentiel pour tous. Mais ils n’ont aucune reconnaissance de cela, ni par le statut, ni par le salaire, et se sentent trop souvent méprisés par l’administration.
Revendications intersyndicales portées : un vrai statut pour les AED, la CDIsation à l’issue des 6 ans, une sécurisation des emplois par un dispositif revu pour les renouvellements, une grille salariale digne de ce nom, une formation et un accompagnement RH.
Dialogue de sourds, incompréhension des revendications, aveuglement et mépris. C’est le constat unanime de toute la délégation intersyndicale à l’issue de l’audience.
Sur la grille salariale :
La demande est simple et légitime : mettre en place la grille de rémunération prévue par la circulaire ministérielle du 17 septembre 2025, déjà appliquée dans plusieurs académies. La réponse de l’administration ? Elle attend un cadre réglementaire national — qui existe pourtant déjà. Quand nous avons demandé pourquoi il était impossible d’en discuter en groupe de travail, nous n’avons obtenu aucune réponse. Juste : ce n’est pas à l’ordre du jour.
Rappelons-le : en mars dernier, au CSA-A, l’administration avait déjà refusé d’ouvrir ce chantier. En 2025, lors de la grève de printemps, une proposition de grille était annoncée « sur le bureau de la DDRH » — avant un revirement en juillet. L’administration conditionne depuis des mois, botte en touche, gagne du temps. Cette grille existe ailleurs. Le rectorat d’Aix-Marseille choisit de ne pas l’appliquer. Sans grille, pas d’augmentation — même si nos contrats y donnent droit.
Sur la CDIsation au bout de 6 ans :
L’intersyndicale a documenté des refus nombreux et arbitraires de CDIsation par des chefs d’établissement invoquant la « nécessité de service » alors que l’AED a donné entière satisfaction et que les besoins de l’établissement n’ont pas diminué. Nous avons décrit la réalité : des AED qui n’osent pas s’absenter pour raison syndicale ou pour garde d’enfant malade, de peur de ne pas être renouvelés. Des personnels qu’on sollicite pour s’investir dans des projets pédagogiques sans savoir s’ils seront là l’année suivante.
La réponse de l’administration a sidéré l’ensemble de la délégation : « l’AED n’est pas une profession, c’est avant tout pour des étudiants ; la CDIsation systématique n’a donc pas lieu d’être. » Nous avons rappelé, à plusieurs reprises, que dans l’immense majorité des cas les AED ne sont aujourd’hui pas des étudiants, et qu’il est de toute façon impossible de mener de front études et AED avec une rémunération suffisante. Cette réalité de terrain n’a jamais été reconnue par l’administration. Sur le financement des CDI, l’administration a indiqué que les crédits ne seraient pas aussi sécurisés — confirmant que la précarité des AED est un choix institutionnel autant qu’une contrainte budgétaire.
Sur la sécurisation des renouvellements (contrats de 1, 2 ou 3 ans) :
Nous avons porté une demande de bon sens : permettre des contrats de 2 ou 3 ans en CDD, comme le prévoit pourtant le statut des AED — ce qui bénéficierait à tout le monde sans coût supplémentaire. La réponse de l’administration : « le cadre légal dans la fonction publique, c’est des contrats d’un an. » C’est faux. Et quand nous l’avons dit, nous n’avons obtenu ni réponse claire, ni argumentation alternative. Juste le refus.
Sur la formation initiale et continue :
Sur ce sujet qui conditionne pourtant la qualité du travail des AED et leur sécurité au quotidien, la réponse de l’administration a tenu en cinq mots : « on réfléchit à ça. »
Sur le groupe de travail annoncé :
L’administration a annoncé un groupe de travail en juin sur la « répartition des moyens AED » pour la rentrée 2027. L’intersyndicale a fait valoir que ce GT était demandé depuis janvier, quand il était encore temps d’agir pour 2026. Trop tard donc, à nouveau. Nous exigeons que les questions de grille salariale, de CDIsation et de renouvellement en 1+2+3 ans figurent nommément à l’ordre du jour de ce groupe de travail — et ne soient pas, comme trop souvent, passées sous silence.
Au niveau national : forte mobilisation, Ministère absent
À Paris, lors du rassemblement national, le ministère a refusé de recevoir la délégation intersyndicale. Partout en France, les audiences académiques n’ont obtenu aucune réponse concrète. Ce mépris institutionnel révèle une réalité : l’absence d’une grille salariale nationale laisse la situation à la discrétion de chaque recteur·rice, créant des inégalités croissantes entre académies. Les AED de l’académie d’Aix-Marseille en font les frais.
des avancées gagnées depuis 2 ans
Depuis plus de 2 ans, la CGT Éduc’action s’est mobilisée aux côtés des AEd lors de plusieurs appels à la grève. Ces nombreuses et conséquentes mobilisations, au cours de cette période, ont permis d’obtenir une clarification des missions des AEd et des grilles d’évolution salariale dans une bonne partie des académies. Nous assistons donc, pour l’une des catégories les plus précaires de l’Éducation nationale, à un accroissement des inégalités de traitement entre académies. Le ministère doit d’urgence prendre ses responsabilités et décider d’une grille de salaire nationale au lieu de laisser cette décision au bon vouloir de chaque recteur·rice.
La lutte continue
Les AEd ne sont ni des « surveillant∙es » ni des « pion·nes », mais bien une profession essentielle dans nos établissements scolaires. Le combat pour la reconnaissance de leur métier par un statut de fonctionnaire de catégorie B, la sécurisation de leurs conditions d’emploi, le respect de leurs missions et des améliorations salariales reste indispensable pour obtenir satisfaction et reconnaissance. Il rejoint celui pour gagner des recrutements massifs et l’augmentation du nombre de postes pour un meilleur encadrement et des moyens de remplacement.
La CGT Éduc’action est et reste aux côtés de nos collègues et camarades AEd et continuera de construire le rapport de force pour gagner les revendications des personnels.
Marseille, le 3 juin 2026