100 % des collèges compatibles avec une canicule, vraiment ?!

Le jeudi 25 juin, sur ICI Provence, Mme Bonfillon-Chiavassa, conseillère départementale déléguée aux collèges, a affirmé que 100 % des collèges des Bouches-du-Rhône étaient « compatibles avec une canicule ».

Nous refusons ces déclarations d’autosatisfaction qui nient la réalité du terrain.

La réalité

Des salles où la température dépasse les 35 °C, des malaises, des conditions de travail et d’apprentissage qui mettent élèves et personnels en grande difficulté, des fiches SST qui se multiplient, des signalements de danger grave et imminent : voilà la réalité de nos établissements.

Non, les collèges du département ne sont pas adaptés aux épisodes de canicule et aux vagues de chaleur.


Non, le Département n’a pas prévu les investissements nécessaires pour adapter les collèges à ces épisodes climatiques. Dans de nombreux établissements, il manque encore des équipements aussi élémentaires que des ventilateurs de plafond, des films occultants ou de simples ventilateurs d’appoint.

Le Département met en avant les 2,5 milliards d’euros investis dans le Plan Charlemagne, dont 55 millions d’euros consacrés à la sécurisation des établissements. Pourtant, ces choix budgétaires ne répondent pas à l’urgence d’améliorer les conditions d’accueil, de travail et d’apprentissage dans les
collèges. Ils traduisent une priorité politique qui privilégie une approche sécuritaire, au détriment des investissements nécessaires pour adapter les établissements aux épisodes de fortes chaleurs.

Pendant que certaines collectivités proposent aux enseignant.es d’arroser les élèves pour faire face à la chaleur, nous demandons aux responsables de la santé et de la sécurité des élèves et des personnels… d’arroser le budget !

La prévention ? Quelle prévention ?

Et, comme on n’est pas à une contradiction près, Mme Bonfillon-Chiavassa affirme que le Département travaille en lien avec l’Éducation nationale. Nous l’invitons donc à rendre publiques les réunions de travail consacrées cette année à l’adaptation des bâtiments scolaires aux nouvelles conditions climatiques : combien ont eu lieu ? Quelles décisions ont été prises ? Quels investissements ont été programmés ?

La CGT Éduc’action 13 demande également à l’Éducation nationale d’assumer pleinement ses responsabilités d’employeur en consacrant un budget à une véritable politique de prévention et de prise en charge des risques thermiques. Car si le Département est propriétaire des locaux, l’Éducation nationale est, elle, responsable de la santé, de la sécurité et des conditions de travail de ses personnels.

Cette année, dans notre académie, 2,7 millions d’euros ont été consacrés au plan de prévention de l’Éducation nationale pour la mise en oeuvre des PPMS. En revanche, pas un euro n’a été dédié à la prévention des risques thermiques, qu’il s’agisse de la chaleur… ou du froid.

Les épisodes de fortes chaleurs agissent comme un révélateur. Ils mettent en lumière la vétusté des bâtiments, leur inadaptation au changement climatique, les classes surchargées et les inégalités que l’École devrait pourtant contribuer à réduire. Comme le résume l’une de nos collègues : « Avec cette chaleur, le maquillage fond. »

Nous exigeons :

• que Mme Bonfillon-Chiavassa retire ses propos et présente des excuses pour ce déni de la réalité vécue par les personnels et les élèves ;

• du Département de véritables investissements et des mesures immédiates pour garantir des conditions de travail et d’apprentissage dignes lors des épisodes de fortes chaleurs ;

• de l’Éducation nationale, en tant qu’employeur, un budget dédié à la prévention des risques thermiques et à la protection de la santé de ses personnels ;

• d’ICI Provence une rectification des informations erronées relayées, car la diffusion de tels propos constitue un mépris pour les personnels et les élèves contraints de travailler dans des conditions où les températures atteignent des niveaux dangereux. 

Et puisque nos collèges seraient « compatibles avec une canicule », nous invitons Mme Bonfillon- Chiavassa à venir passer une journée dans les salles de classe les plus exposées à la chaleur : y assurer les cours, terminer le programme de l’Éducation nationale dans des classes surchargées, améliorer les résultats à toute forme d’évaluation, enchaîner les réunions, le tout sans bénéficier d’aucune revalorisation salariale dans ces conditions.